La technologie de réalité virtuelle est principalement utilisée pour les activités de divertissement mais elle peut susciter un grand intérêt dans les domaines de la médecine et de la recherche sur les traitements.
La maladie d’Alzheimer, maladie neurodégénérative la plus connue
Ces dernières années, le développement de nouvelles technologies permet d’améliorer les outils de diagnostic médical. En effet, les nouvelles technologies participent à la fois au diagnostic et à la prise en charge médicale. Plusieurs recherches ont donc pu être réalisées sur l’apport de la réalité virtuelle pour le diagnostic de certaines pathologies neurodégénératives et plus particulièrement la maladie d’Alzheimer.
La maladie d’Alzheimer est la maladie neurodégénérative la plus répandue chez les personnes âgées en France correspondant à 45 % des démences. La maladie est principalement identifiée par les problèmes de mémoire qu’elle produit. Habituellement, elle s’accompagne d’une dégradation des fonctions cognitives, telles que le langage, les habitudes langagières et même la capacité d’élocution .
L’évaluation de la mémoire épisodique
La maladie n’affecte qu’un seul type de mémoire: la mémoire épisodique. En effet, cette mémoire est une mémoire à long terme. Elle permet de stocker les événements personnellement vécus par une personne dans leur contexte (date, lieu, état émotionnel).
En neuropsychologie, la mémoire s’évalue à l’aide de tests papier/crayon mettant en jeu uniquement les modalités visuelle et verbale. On parle, par exemple, de test rappel libre / rappel indicé. Par conséquent, il faut se souvenir de la liste de mots donnée au début du test. Ce rappel peut être libre ou avec l’aide d’un indice. Ce test étudie la mémoire dans des conditions artificielles. Les informations mémorisées n’ont rien à voir avec le contexte (composante pourtant très importante dans la mémoire épisodique).
La réalité virtuelle, nouvelle évaluation multimodale
Des chercheurs ont étudié les possibilités d’utiliser la réalité virtuelle dans les tests de mémoire épisodique. En effet, des chercheurs de l’université de Lyon, en collaboration avec l’université de Paris Descartes, ont réalisé des tests dans des conditions plus proches de la vie quotidienne. Ces tests sont réalisés par des tests de conduite sur des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer dans un environnement virtuel qui représente une ville en 3D
Cette recherche nous permet d’observer les effets de la maladie d’Alzheimer sur différentes composantes de la mémoire épisodique. Et ainsi, de tester la mémoire par le biais d‘une épreuve en réalité virtuelle. Ce test détermine dans quelle mesure la réalité virtuelle attire différentes dimensions cognitives. Les chercheurs ont découvert que les tests de réalité virtuelle ont l’avantage d’évaluer la mémoire épisodique de manière multimodale. Et de mobiliser différentes composantes épisodiques.
La maladie d’Alzheimer se caractérise également par des troubles cognitifs légers, tels que des problèmes d’orientation dans l’espace. Afin de soulager cette maladie, des chercheurs de l’Université de Cambridge et de l’University College London ont utilisé des casques de réalité virtuelle. Ceci afin d’étudier l’orientation spatiale en immergeant les personnes atteintes dans un environnement fictif dans lequel elles devaient se déplacer. Leurs recherches montrent que les tests de réalité virtuelle peuvent être plus efficaces que les tests traditionnels. Surtout pour l’identification précoce de la maladie d’Alzheimer.
Ces différentes recherches permettent d’éclairer les possibilités d’utilisation de la réalité virtuelle dans le diagnostic précoce ou non de la maladie d’Alzheimer.
Application de la réalité virtuelle pour les troubles cognitifs
Ainsi, la réalité virtuelle permet de fournir des outils d’évaluation écologique. Il met les gens dans un environnement proche de la réalité, et ce fait les rend «écologiques». En fait, la fonction cognitive est évaluée dynamiquement.
Ainsi, la réalité virtuelle n’est plus reservée uniquement pour les pathologies neurodégénératives. En effet, des recherches sont réalisées sur de nombreux troubles cognitifs comme différents types de phobies ou encore l’évaluation de la planification de l’action en neuropsychologie. Les travaux portent également sur l’intérêt de la réalité virtuelle pour la prise en charge de dysfonctionnement d’un individu.
Il est alors intéressant d’étudier les différentes capacités de la réalité virtuelle à devenir un outil d’apprentissage ou de réadaptation pour les personnes atteintes de troubles cognitifs.
Sera-t-il possible demain de guérir d’une phobie des araignées sans jamais devoir être en contact avec une vraie araignée ?
Source : ABGI France