Casque de réalité virtuelle, simulateurs de conduite ou de vol… La quête d’univers numériques toujours plus réalistes s’accompagne aussi de l’apparition de nouveaux maux. La cybercinétose en fait partie. Symptômes, causes, risques… On vous dit tout sur ce « mal de la réalité virtuelle ».

Si vous êtes déjà victime du mal des transports, le terme « cinétose » vous est peut-être déjà familier. Que ce soit le mal de l’air, de mer ou des transports sur terre en général, tout est lié à une incohérence ou un conflit entre les informations transmises par nos yeux d’une part et celles de notre oreille interne d’autre part, qui nous permet de garder l’équilibre notamment et d’évaluer notre position corporelle dans l’espace.

Les symptômes qui en résultent sont multiples : vertiges, nausées, vomissements, etc. La cybercinétose repose sur le même principe, et entraîne le même type de symptômes. Laurie Brun est responsable d’étude à l’INRS, l’Institut national de recherche et de sécurité. Elle a travaillé à plusieurs reprises sur la réalité virtuelle, et notamment sur la cybercinétose dans le milieu de l’entreprise. Jointe par téléphone, elle nous en détaille les causes et les symptômes.

Des symptômes « proches du mal des transports »

Laurie Brun décrit les symptômes de ce mal récent comme « assez proches de ceux du mal des transports ». Selon elle, ils sont notamment fréquents lors de l’utilisation d’un casque de réalité virtuelle. Et à vrai dire, ils seraient même encore plus importants dans le cadre de la cybercinétose.

« Les études ont montré qu’ils étaient environ trois fois plus forts », ajoute-t-elle. Mais alors qu’est-ce qui peut causer de tels maux chez les utilisateurs ? Pour la spécialiste du sujet, aucun doute, « c’est le fait d’être coupé, complètement, des repères de la réalité ».

Casques VR, lunettes 3D, simulateurs de transports…

Si le mal prend davantage d’ampleur aujourd’hui, c’est notamment en raison de l’explosion des nouvelles technologies promettant une expérience toujours plus réaliste, en totale immersion dans un autre environnement que celui où nos jambes sont plantées. « Que ce soit un casque de réalité virtuelle (VR), des lunettes 3D, mais aussi toutes les salles immersives, parfois utilisées pour les forces de police, qui reconstituent un tout autre environnement, simulateurs de vol et de conduite… Il y a un tas de dispositifs. Ça ne se limite pas au casque. »

Mais dans tous les cas, la capacité d’adaptation du corps à un nouvel environnement en mise à rude épreuve. « Les systèmes sensoriels reçoivent des informations contradictoires entre ce qu’il se passe dans le corps et ce qui défile devant les yeux. On pense que ce décalage brouillerait les signaux et rendrait les gens malades, poursuit Laurie Brun. C’est la théorie du conflit sensoriel. »

Source : Ouest France

Note : 4 sur 5.